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Kyoto, Nara, Kobe : comment les expatriés d'Osaka visitent le Kansai le jour... et rentrent le soir

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Kyoto, Nara, Kobe : comment les expatriés d'Osaka visitent le Kansai le jour... et rentrent le soir

Photo: Gohachiyasu1214, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Il est 19h30 un samedi soir. Sur le quai de la gare de Kyoto, les valises à roulettes s'entassent devant les casiers, les touristes consultent Google Maps pour trouver leur ryokan. Et au milieu de ce petit chaos, il y a Mathieu, un Lyonnais installé à Osaka depuis trois ans, qui monte dans le train spécial rapide dans l'autre sens : le sien. Chez lui. À vingt minutes de là.

« Mes amis en France me disent que c'est fou de visiter Kyoto sans y dormir, raconte-t-il. Mais c'est exactement l'inverse. Je profite de Kyoto la journée, et le soir je rentre dans une ville où un bon repas coûte moitié prix et où les bars ferment quand j'en ai décidé. »

L'avantage absolu de l'expatrié d'Osaka

Quand on déménage au Japon depuis la France ou les États-Unis, on a tendance à vouloir tout voir, tout de suite. Puis on se rend compte d'une chose simple : Osaka est probablement la ville la mieux positionnée du pays pour le tourisme. Kyoto et ses temples ? Quinze minutes de train. Nara et ses daims en liberté ? Quarante-cinq minutes. Kobe et son front de mer ? Vingt minutes à peine.

Autrement dit, les excursions que les visiteurs paient cher en nuits d'hôtel, les résidents d'Osaka les font comme on irait passer l'après-midi chez des amis. Pas de check-in à gérer, pas de bagages à porter, pas de stress de dernière navette. Juste un aller-retour, souvent pour moins de 1 000 yens.

Kyoto en mode résident (pas en mode coach tour)

Le piège classique, c'est de traiter Kyoto comme une checklist : Fushimi Inari, Kinkaku-ji, Gion, suivant ! Mathieu a appris à faire autrement.

« Mon itinéraire préféré, c'est d'arriver vers 8h30 à Fushimi Inari, avant la foule. Je monte à moitié, pas besoin d'aller jusqu'au sommet. Ensuite je descends vers le quartier de Fushimi, où il y a des brasseries de sake. Dégustation à 11h du matin, oui, on s'adapte. »

L'après-midi se passe généralement du côté de Nanzen-ji ou du chemin de la philosophie quand les cerisiers ou les érables le justifient. Budget d'une journée complète : environ 3 000 yens transport et repas inclus, si on mange local — un bol d'udon à moins de 1 000 yens reste facile à trouver.

Le conseil qui revient chez tous les francophones interrogés : éviter Kyoto le week-end d'avril et de novembre. Ces semaines, on y va en semaine ou pas du tout.

Nara : la demi-journée parfaite

Nara fonctionne différemment. Pas besoin d'une journée entière. Le train Kintetsu depuis Osaka-Namba vous dépose à côté du parc aux daims en 40 minutes environ.

Le combo gagnant : daims le matin, Todai-ji et son grand Bouddha, puis un déjeuner rapide avant de rentrer pour l'après-midi. Certains enchaînent avec une visite au musée, d'autres préfèrent flâner dans les ruelles d'Naramachi, le quartier des vieilles maisons de marchands.

« Nara, c'est ma sortie de secours quand j'ai des amis qui débarquent à l'improviste, sourit Claire, arrivée de Montréal. On part à 9h, on est de retour pour l'apéro. Ils croient qu'on a fait quelque chose d'extraordinaire. En vrai, on a pris un train. »

Kobe : le luxe discret à vingt minutes

Kobe est la destination sous-cotée du trio. La ville a une ambiance différente d'Osaka — plus calme, plus portuaire, avec ces collines derrière et la baie devant.

Le programme type d'un samedi : montée à Kitano pour les vieilles demeures occidentales de l'ère Meiji, déjeuner au quartier Chinatown (Nankinmachi), puis descente vers le port pour le coucher de soleil. Et parce qu'on est à Kobe, un dîner de bœuf wagyu reste raisonnable — on parle de 3 000 à 6 000 yens pour une expérience qui coûterait le triple à Tokyo.

Le yoimodoshi, ou l'art de rentrer chez soi

Les Japonais ont un mot pour ce que Mathieu ressent chaque soir dans le train du retour : on pourrait l'appeler le plaisir du retour. Après une journée de tourisme, de foules, de photos, il y a un bonheur très particulier à reprendre son train de banlieue, à connaître sa station, à retrouver son quartier où le tennoji du coin connaît déjà votre commande.

« À Kyoto le soir, les touristes cherchent un restaurant pas trop cher et pas trop touristique, et c'est compliqué, explique Mathieu. Moi, à 20h je suis à Osaka, j'ai des izakaya où on me sert sans ouvrir le menu, et une bière à 400 yens au lieu de 800. Le tourisme, c'est épuisant. Être chez soi, ça régénère. »

C'est peut-être ça, la vraie richesse de la vie d'expatrié à Osaka : pas seulement voir le Kansai, mais y habiter au point que les merveilles deviennent des voisines. Les temples de Kyoto sont à votre portée — mais ce qui compte, c'est qu'à la fin de la journée, quelqu'un quelque part vous attend avec un plat chaud et le compte est bon.

Le kit de démarrage

Pour résumer, voici les trois cartes à avoir dans votre poche :

Le reste, c'est de l'habitude. Et cette habitude-là, elle n'a pas de prix — enfin si, environ 1 000 yens aller-retour.

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